• Expédition dans les Monts Groulx

    Québec 2010

    ...le résumé...


      Tout commence le mercredi 17 mars 2010, je quitte la côte basque en direction de Paris, pour pouvoir prendre le lendemain le vol qui m'amènera sur les terres québécoises. En passant, je voudrais remercier la famille Versini-Longeron qui m'a accueilli dans le 93. Ensuite ce sera le bus jusqu'à Notre-dame-de-Montauban, c'est à dire jusqu'à chez Jacques et Sylvie...Puis le lendemain, nous partons en direction de Baie-Comeau, première étape en voiture chez la soeur de Jacques, France, qui nous a hébergé chaleureusement. Sur la route Alex nous a rejoint, il s'agit d'un musher/éleveur d'Alaskan Malamute de pur race, localisé dans la région de la ville de Québec...Notre route reprendra le lendemain, notre objectif, les Mont Groulx, que Jean-Guy, autre membre de l'expédition qui nous a rejoint, connaît  très bien.
     
    (Ici à gauche, les 5 membres de l'expédition : Jean-Guy, Alex, Jacques, Otxoa et Sylvie. Cliquez sur la photo pour agrandir, photo d'Alex)

      Samedi, l'expédition part enfin avec les chiens pour établir notre premier campement en bord d'une rivière. Il s'agit du lieu de campement habituel de Jean-Guy, ce qui nous permet d'avoir une réserve de bois suffisante, et de gagner du temps dans notre établissement.

      Certains vont sans doute se demander, pourquoi les Monts Groulx, s'agit-il du trajet mis en place à l'origine ? Et bien non. Il s'agit d'un plan C. Notre premier plan devait emprunter la Route Blanche (objectif : 50 km/jour), route tracée par des motos-neige pour approvisionner l'hiver des petits villages situés sur la côte Nord du Québec. A la belle saison, ces mêmes villages sont approvisionnés par bateau. Mais suite à un hiver catastrophique au Québec et plus généralement sur une grand partie du Canada, ce projet doit être annulé et remplacé. Il est alors proposé la solution : Port-Cartier/Fermont. L'objectif étant d'atteindre cette ville minière (Fermont), tout au Nord, dernière communauté québécoise avant d'atteindre les Amérindiens et surtout les Inuits sur les côtes. Mais là encore le projet est annulé, trop dangereux au niveau du Canyon, l'enneigement est insuffisant, et avec les dévers, cela risque de ne pas passer.
    C'est donc le plan C qui est adopté au dernier moment : Les Monts Groulx. Où habituellement la température moyenne en cette saison est de -35°C, et où les -45°C ne sont pas rares. Finalement nous aurons des températures très clémentes pour la région : -15°C, -20°C et même une fois 0°C !!! (ils auront eu du +13°C à Baie-Comeau pour cette même journée, chose inouïe pour ceux qui connaissent bien le Québec).



    (Ici à gauche : la Toundra)



      Cependant, un problème se pose...ici, pas de piste. Par conséquent nous ne pourrons faire les 50km par jour pour lesquels les chiens étaient préparés. Ici il faudra trouvé le bon passage, la bonne rivière, des arbres plus clairsemés que les autres, utiliser cartes, boussoles, GPS, puis vérifier avec la moto-neige si c'est ok ! Pour cela, Jacques partira avec la moto-neige, plus rapide, et tracera la piste, quand il se sera trompé, ou que la trail n'est pas adéquate, il fera demi-tour, tentera par un autre passage, à l'endroit ou les 2 pistes de Jacques se sépareront (la bonne et la mauvaise), une branche sera planté dans la piste qu'il ne faudra pas emprunter. Ainsi, pour les 4 attelages, il nous suffira de suivre les indications laissées par notre pisteur.

      Dans un premier temps, nous décidons de faire les étapes en 2 jours : une première journée pour préparer le campement, traîneaux à vide, piste non dure. L'objectif est de couper en avance le sapinage, de trouver le meilleur endroit, d'égaliser le terrain, etc... Puis le lendemain, lorsque la piste est bien dure, nous chargeons les traîneaux, nous avançons puis nous établissons notre camp. Le travail le plus fastidieux ayant été déjà effectué la veille.

      Mais au final, nous construirons au bout de quelques jours un camp de base. En effet, il était très difficile, sans avoir préparé des semaines auparavant l'expédition sur ce lieu, de trouver les bonnes pistes qui nous fairaient avancer d'une bonne distance chaque jour. Ce camp de base nous permettra de faire des ascensions sur les monts avoisinants : Mont Jauffret, Mont Veyrier, etc ... Et permettra à Jacques de trouver les pistes plus sereinement. Nous parcourrons ainsi, sur les 10 jours d'expédition, à peu près 220 km en montagne. Montagnes pour lesquelles les chiens n'étaient pas tous préparés, c'est donc une très bonne performance de la part de ces athlètes à 4 pattes !

    (Ici à gauche, le camp de base, près d'un Lac, et dans les bois pour se protéger du vent de la Toundra sur les plateaux)

      Lors de cette expédition, nous étions dans des conditions parfaites, en effet le temps fut de notre côté, du ciel bleu pendant quasiment tout le séjour, pas de tempête de neige, si ce n'est une journée où le vent a soufflé fort, et ce, même dans les vallées. Globalement, cela a été. Il n'y avait peut être que sur la Toundra que le vent soufflait réellement, nous obligeant à nous couvrir plus sérieusement, même si les températures printanières (-10°C, -15°C), pouvaient nous faire croire que nous pouvions enlever notre parka.
     
      Cependant, les jours plus froids, et sur le traîneau, j'ai senti les limites de mes chaussures SOREL -35°C !!! Efficaces à l'arrêt, ou en raquettes, elles se sont montrées totalement insuffisantes en traîneau, les frottements de la neige m'ont fait douloureusement souffrir. Les pieds gelés, j'ai du continuellement faire venir du sang chaud au niveau de mes orteils. Arrivé au camp, je me précipitais pour les réchauffer près du poêle à bois. Et le dernier jour, qui fut le plus froid (-25°C), quand le sang revint à mes orteils, une douleur terrible me rassura en arrivant au camion : "c'est bon, j'ai mal, c'est qu'ils sont encore en vie !!!".

      Je vais maintenant vous présenter rapidement les membres de l'expédition :
    Tout d'abord mon ami Jacques (le Québécois d'origine lointaine Bayonnaise), il sera notre pisteur sur la moto-neige, c'est un véritable homme des bois, il parcourt la forêt québécoise depuis qu'il est jeune, il est également guide en canöé. Avec lui, pas de soucis, il pourrait vous amener partout. Il possède des chiens typés Malamutes et des typés Huskies.
    Sylvie est sa conjointe, elle est de nationalité suisse, elle est infirmière et suit Jacques dans ses expéditions.
    Ensuite Alex, jeune éleveur d'Alaskan Malamutes et militaire réserviste dans l'armée canadienne, ce fut sa première expéditions, son rêve : une expédition sur la Baie James.
    Jean-Guy, le doyen avec ses 69 ans. C'est la sympathie et l'expérience même. C'est également un homme des bois, qui part souvent seul avec ses 12 siberian Huskies.
    Et enfin Otxoa, c'est à dire moi, nous étions donc 5 membres pour cette expédition.


    (A droite : vent violent sur la Toundra québécoise)


      Pendant cette expédition, nous n'avons pu observer les grands mammifères, mais nous avons pu observer leurs traces : Loups, Caribous, Renards, Lièvres...
    J'ai également pu observer un porc épic, grâce à la chienne de tête de Jacques, une husky qui répond au nom de Cannelle, qui l'avait pisté. Heureusement pour elle, il était dans un arbre, sinon elle aurait souffert, la gueule rempli d'immenses épines !

    (A gauche : Otxoa dans la Toundra)


      Au final, cette expédition fut très riche d'enseignements pour moi, notamment grâce au repas du soir sous la grande tente de Jacques, près du poêle à bois, où les discussions entre les membres nous ont permis de nous enrichir mutuellement.

      Un Grand merci à tous les membres de l'expédition pour leur gentillesse ! Ce furent des semaines inoubliables.




     
      Les prochains articles seront les photos de l'expédition mais aussi une vidéo !
     
     

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